La scintigraphie cardiaque est un examen nucléaire fréquent pour évaluer la perfusion et la fonction myocardiques. Elle répond à des besoins précis : confirmer une ischémie, localiser une zone d’infarctus ou évaluer la fonction après un épisode coronarien. Cet article explique simplement comment ça marche, quand la prescrire et ce que signifient les résultats, afin que les patients et les professionnels de santé en France puissent mieux préparer l’examen et interpréter ses conclusions.
Points clés
- La scintigraphie cardiaque utilise un traceur radioactif pour visualiser la perfusion du muscle cardiaque et évaluer la fonction myocardique.
- Elle est principalement prescrite pour détecter une ischémie, localiser une zone d’infarctus ou évaluer la fonction après un épisode coronarien.
- La préparation à l’examen inclut l’arrêt de la caféine, la gestion des médicaments et le jeûne pour garantir des images de qualité.
- L’examen se compose généralement d’images au repos et en effort avec un traceur injecté et une caméra gamma pour capturer les zones d’irriguation.
- Les risques sont faibles, mais certaines contre-indications, notamment la grossesse et des troubles respiratoires, doivent être prises en compte.
- Les résultats dirigent vers un traitement adapté incluant possiblement revascularisation, suivi médical ou examens complémentaires selon l’ischémie détectée.
Qu’est-ce qu’une scintigraphie cardiaque et comment ça marche ?

La scintigraphie cardiaque (ou scintigraphie myocardique) est une imagerie fonctionnelle qui utilise un traceur radioactif pour visualiser la perfusion du muscle cardiaque. On injecte un produit radiopharmaceutique, généralement du technétium-99m ou du thallium, qui se fixe sur les zones bien irriguées. Une caméra gamma enregistre ensuite la distribution du traceur, fournissant des images montrant les zones de perfusion normale ou réduite.
L’avantage de cette technique est d’évaluer à la fois la réserve de perfusion et la fonction ventriculaire gauche. En combinant des acquisitions au repos et en effort (ou stimulation pharmacologique), la scintigraphie distingue l’ischémie réversible (manque de sang à l’effort) de la nécrose fixée (antécédent d’infarctus). C’est un examen complémentaire aux ECG, à l’échocardiographie et à l’angiographie coronarienne, surtout utile pour détecter une maladie coronarienne diffuse ou silencieuse.
Quand prescrire une scintigraphie myocardique : indications clés

La scintigraphie myocardique est indiquée dans plusieurs situations cliniques. Elle est souvent prescrite pour l’évaluation d’une douleur thoracique d’origine possible coronarienne, lorsque l’ECG et les biomarqueurs sont non concluants. Elle sert aussi à stratifier le risque avant une chirurgie non cardiaque chez des patients à haut risque (antécédents coronariens, cardiopathie ischémique connue).
Parmi les autres indications : bilan après infarctus pour quantifier la zone nécrosée, évaluation de la viabilité myocardique avant revascularisation, et exploration d’une dyspnée inexpliquée quand on suspecte une origine ischémique. Enfin, la scintigraphie peut être utilisée pour suivre l’efficacité d’un traitement médical ou d’une intervention coronaire, et pour détecter des anomalies ischémiques chez des patients diabétiques à haut risque.
Comment se préparer à l’examen : conseils pratiques avant la scintigraphie
La préparation optimise la qualité des images et la sécurité. Le patient reçoit des consignes claires : éviter la caféine et les produits contenant des dérivés (café, thé, boissons énergisantes) pendant 24 à 48 heures avant l’examen si un test d’effort pharmaceutique est prévu. Il doit apporter la liste de ses médicaments, car certains (bêtabloquants, nitrates, antiarythmiques) peuvent altérer la réponse à l’effort et nécessiter une adaptation.
Il est recommandé de venir léger, sans bijoux, et d’être à jeun généralement 4 heures avant l’injection selon le protocole du centre. Les femmes doivent signaler une grossesse ou l’allaitement : la scintigraphie implique une exposition radioactive, même si la dose est limitée. Enfin, le patient doit prévoir du temps, l’examen complet (repos + effort) peut durer plusieurs heures à cause des temps d’attente entre injections et acquisitions.
Déroulement de l’examen : étapes, durée et variantes (repos, effort, stimulation)
La procédure comporte typiquement deux phases : une acquisition au repos et une acquisition en effort (ou stimulation pharmacologique). Au laboratoire, on injecte le traceur puis on attend le temps nécessaire à sa fixation (souvent 15–60 minutes) avant la capture des images par la caméra gamma. L’acquisition elle‑même dure de 15 à 30 minutes selon le protocole.
Pour la phase d’effort, le patient peut réaliser un test d’effort sur tapis roulant ou cycloergomètre. Si l’effort physique est impossible (arthrose, insuffisance respiratoire), on utilise des agents pharmacologiques comme l’adénosine, le dipyridamole ou la dobutamine pour simuler l’augmentation du flux coronarien. Après l’effort ou la stimulation, une nouvelle injection de traceur est effectuée et des images complémentaires sont acquises. Certains centres proposent des protocoles en une seule injection (protocoles « gated ») qui permettent aussi d’évaluer la fonction ventriculaire gauche simultanément.
Risques, contre-indications et effets secondaires à connaître
La scintigraphie myocardique est considérée comme relativement sûre, la radiation reçue étant modérée et inférieure à celle de certains scanners cardiaques combinés. Les réactions allergiques au traceur sont rares mais possibles. Les effets secondaires liés à l’effort comprennent fatigue, palpitations ou douleur thoracique transitoire : ils sont surveillés par une équipe formée.
Les contre‑indications concernent surtout la stimulation pharmacologique : l’adénosine est déconseillée en cas d’asthme ou de bronchospasme sévère. La grossesse est une contre‑indication relative : l’allaitement nécessite des précautions (arrêt temporaire selon le produit). Enfin, chez les patients instables (angor aigu, infarctus en cours), la scintigraphie n’est pas indiquée en première intention et on privilégie des prises en charge urgentes.
Interprétation des résultats et suites possibles (traitement, suivi, autres examens)
Le rapport de scintigraphie décrit les zones d’hypoperfusion, la présence d’une image fixe (nécrose) ou réversible (ischémie), et la fraction d’éjection ventriculaire si un gated a été réalisé. Une ischémie réversible orientera vers une optimisation du traitement médical anti‑ischémique et souvent une discussion sur la revascularisation (angioplastie ou pontage) selon le bilan coronarien.
Si la scintigraphie montre une nécrose étendue, la prise en charge sera centrée sur la prévention secondaire : médicaments antiagrégants, statines, réadaptation cardiaque et suivi cardiologique. En cas de discordance entre symptômes et images, d’autres examens peuvent être prescrits : coronarographie pour visualiser les artères, angioscanner coronaire pour l’anatomie, ou imagerie par résonance magnétique cardiaque pour caractériser la viabilité et la fibrose. Le suivi dépend du score ischémique et des facteurs de risque : hypertension, diabète, tabagisme, dyslipidémie, des mesures et traitements ciblés sont indispensables.
Foire aux questions sur la scintigraphie cardiaque
Qu’est-ce qu’une scintigraphie cardiaque et comment fonctionne-t-elle ?
La scintigraphie cardiaque utilise un traceur radioactif injecté dans le sang, généralement du technétium-99m ou du thallium, pour visualiser la perfusion du muscle cardiaque via une caméra gamma, permettant d’identifier les zones bien irriguées ou déficitaires.
Quand doit-on prescrire une scintigraphie myocardique ?
Elle est prescrite pour diagnostiquer une douleur thoracique d’origine coronarienne, évaluer les séquelles d’infarctus, stratifier les risques avant chirurgie, et détecter une ischémie silencieuse notamment chez les patients diabétiques à haut risque.
Comment préparer une scintigraphie cardiaque ?
Il faut éviter la caféine 24 à 48 heures avant, être à jeun 4 heures avant l’examen, signaler toute grossesse ou allaitement, et informer son médecin des médicaments pris, car certains peuvent influencer les résultats.
Quels sont les risques et contre-indications de la scintigraphie cardiaque ?
Cet examen est relativement sûr avec une faible exposition radioactive. Les contre-indications principales concernent la stimulation pharmacologique, notamment l’adénosine en cas d’asthme, et la grossesse nécessite des précautions spécifiques.
Comment se déroule une scintigraphie cardiaque typique ?
L’examen comporte deux phases: images au repos et sous effort (réel ou pharmacologique). Après injection du traceur, la fixation puis l’acquisition d’images durent de 15 à 30 minutes, avec un temps total souvent de plusieurs heures.
Que signifient les résultats d’une scintigraphie myocardique ?
La présence d’une ischémie réversible indique un manque de sang à l’effort, orientant vers un traitement médical ou une revascularisation. Une image fixe correspond à une nécrose due à un infarctus ancien. La fraction d’éjection ventriculaire mesure la fonction cardiaque.

Sarah est la rédactrice pour la Pharmacie Dumortier à Croix.
